09.06.2006

Le Féminin Pluriel 4

L’étape.


Errances dans les limbes.
Toutes mes semelles usées aux bitumes du désespoir.

Horizons parcourus, brûlures, soleils fauves.
Les frontières aperçues sont des portes élastiques
Au couchant…
Sur les rails animés, vibrants de saignées rouges
Segments alignés d’un périple infini
La fuite…
Ma nostalgie macule la carte du voyage
J’ai enjambé souvent des mondes chaotiques
Univers allumés, espaces dérangeants
Voyage à contretemps.

Le retour est léger
Je contemple les rides
Entailles sur mon crâne
Des yeux jusqu’aux pommettes
Le message est inscrit
Failles légères sur mon périple.

Et puis je la rencontre.
Novembre…

Lumière matinale…
Arpenteurs d’inconnus
J’ai l’esprit qui repose
Les fantasmes en jachère
L’émotion aux aguets
Les moellons de nuées et d’ombre se lézardent
Et s’étiole, banale, la citadelle solitude…
Des marais de l’angoisse asséchés, une étincelle,
Infime escarboucle, hésitant feu follet
S’anime…

Clin d’œil…
Une soudaine envie de poser le sac…
Je suis revenu.
Une miette de bonheur au fond des poches…

Le Féminin Pluriel 3

Dans le miroir…



Contempler…
Le reflet
Comprendre…
L’impalpable… La déchirure subtile.
Tous les doutes, la fatigue
Les endosser… Confiant… Et assurer la charge
Et ne rien oublier…
Des douleurs et des peurs
Qui broient et qui taraudent
Tant de jours, de semaines, de travaux, de conflits…

Etre…
En osmose…
Se lover dans sa peau et penser ses envies
Guetter la parenthèse où les masques s’étiolent
Savoir parler sa langue
Qui ne profère jamais de plaintes
La fierté des femmes…
L’indomptable courage
Délicate alchimie, l’étrange mariage
La force des tempêtes, l’imperceptible souffle…
La puissance infinie des amours sacrifices
Toujours recommencés…

Rejoindre…
Ces millions de planètes
Du féminin cosmos
Etre un explorateur des étoiles fragiles
Bulles scintillantes qui allument ses yeux
Oublier parfois lui pour pouvoir parler d’elles

Elles par qui tout commence…
Elle, porteuses d’infini…
Pour qui nous conjuguons bien mal
Le féminin pluriel…

Le Féminin Pluriel 2

Les chemins


Où me mènent-ils donc ?
Les sinueux contours des routes de papier
De lignes bleues en traces dérisoires
Contant les heures paisibles qui me relient à toi…
Dessine un sourire fauve
Sur ton visage de Madone
C’est pour une heure tout un voyage d’étranges songes
De mon regard à tes yeux cathédrales…

Décalquée sur tes pas…
Ma démarche incertaine
S’affirme à chaque étape légèrement esquissée
Aux confins de tes rêves
Silence utile aux sens
Bouillonnant de tant de cris
Toujours en filigrane
Ebauchant un soupir
Qui m’ancre davantage à ton destin de femme…

L’instant d’une promenade
Légère, elle dessine
Tant de pistes possibles
A déchiffrer et parcourir…
Jusqu’au but ultime… Ah ! Vivre…
Il nous faut progresser en ce pays étrange
Où par inadvertance parfois nous nous perdons.
Si peu d’espace nous sépare…
Juste une main…

L’union de deux chemins
Carrefour d’un moment…
La piste chaotique d’un bonheur incertain…